COMMUNIQUÉ DU 28 OCTOBRE 2012 - MISE AU POINT DU SYNDICAT DES UROLOGUES

 

Quels choix aurons-nous pour se faire soigner demain ?

 

Le Syndicat National des Urologues Français (SNCUF) constate que l'Avenant 8, présenté au départ comme une volonté d'amélioration de l'accès aux soins par une revalorisation du tarif opposable, n'est qu'une façon détournée de dévaloriser la médecine française, et notamment la chirurgie libérale.

 

Mais par qui serons-nous opérés demain ?

Au motif qu'il existe des excès tarifaires pratiqués par une très faible minorité de praticiens parfaitement identifiés, la profession médicale s'est vue stigmatisée dans son ensemble.

 

Mais quelle médecine voulons-nous en France ?

Une médecine déresponsabilisée, faite d'actes répétitifs, avec de moins en moins de temps d'écoute ?

Une médecine impersonnelle, formatée, uniformisée, rationalisée qui trouvera de moins en moins de médecins français libéraux pour l'exercer ? Ou bien veut-on encore une médecine adaptée aux besoins de chacun, reconnue et enviée (pour combien de temps encore ?) et qui satisfait aux besoins de nos concitoyens et même au-delà, sans liste d'attente pour se faire opérer ?

 

Il s'agit d'un véritable choix de société.

Cet avenant signe la dévalorisation des activités chirurgicales (actes des plateaux techniques lourds).

Cet acharnement médiatique, politique et assurantiel contre les médecins n'aura pour effet que la déconsidération et la démotivation des professionnels. Les Français ne gagneront rien à être opérés par des chirurgiens démotivés et épuisés.

Le SNCUF refuse que soit imposées aux Chirurgiens Urologues, spécialistes médico-chirurgicaux et acteurs majeurs de la cancérologie génito-urinaire, des conditions matérielles d'exercice qui mettent en péril la qualité et la sécurité des soins. Demain, comment seront payés celles et ceux qui travaillent avec nous, personnel des secrétariats médicaux ou aides opératoires ?

Quel temps aurons-nous à consacrer aux patients si nous n'avons plus les moyens d'avoir des collaborateurs ?

Le SNCUF prend acte que l'Assurance Maladie reconnaît implicitement que ses tarifs de remboursement ne sont pas à la hauteur de la valeur des actes. Si les consultations sont potentiellement revalorisée à +150 % du tarif de remboursement (ce chiffre devra baisser par la suite...), qu'en est-il des actes chirurgicaux et d'anesthésie ?

Cet avenant découragera également les jeunes médecins de s'installer en libéral et aggravera encore les « déserts médicaux ». Ces déserts ont été créés par nos responsables politiques et nos tutelles et où l'on voudrait imposer aux médecins d'y exercer alors même que les services de l'Etat les abandonnent.

Enfin cet avenant créé un conflit d'intérêts pour l'Assurance Maladie en lui donnant un blancseing pour déterminer ses tarifs, apprécier les excès statistiques et décider des sanctions : tous les pouvoirs sont réunis entre les mains de l'Assurance Maladie, sans contre poids professionnel, notamment celui de l'Ordre garant de l'éthique de notre profession.

Aussi, après une analyse approfondie du texte de l'avenant 8 et des graves conséquences qu'il entraîne,

Le conseil d'administration du SNCUF, rejette à l'unanimité le projet de texte de l'avenant 8 à la convention nationale.

 

Le SNCUF demande à l'UNCAM (Assurance Maladie) :

de reconnaître les spécificités des activités des acteurs du bloc opératoire qui effectuent desactes NON répétitifs, majeurs pour l'état de santé des Français, en créant une CONVENTIONSPECIFIQUE CHIRURGICALE,

de revaloriser significativement le « point travail chirurgical » prévu dans la CCAM (seuleréponse sensée à la nécessité économique des dépassements tarifaires),

de laisser les médecins choisir réversiblement leur secteur d'exercice par une forte attractivité de chacun d'eux, et non pas en les contraignant toujours davantage,

de ne pas concentrer TOUS les pouvoirs et d'associer le Conseil National de l'Ordre à la détermination des excès tarifaires, de ne pas réserver les contraintes aux seuls médecins mais d'en imposer à l'UNOCAM !

Le SNCUF demande à l'UNOCAM (les complémentaires) :

de s'investir dans la valorisation de la chirurgie française,

d'arrêter de faire de la surenchère publicitaire tous azimuts pour s'attirer des clients, tout en les remboursant de moins en moins !

de clarifier le maquis tarifaire des centaines de contrats,

de faire le choix de rembourser prioritairement les soins médicaux validés par l'Evidence Based Medicine, effectués par des professionnels fortement diplômés, organisés et évalués, plutôt que des prestations au « service médical rendu » discutable (naturopathie, médecines « alternatives », etc)

de publier le contenu de leur frais de gestion avec la même transparence qui est exigée de la part de nos entités professionnelles !

Le SNCUF demande à Madame Marisol TOURAINE :

de faire preuve de retenue dans ses critiques à l'égard des Médecins libéraux,

de s'inspirer de certains de ses collègues Ministres qui ne font pas systématiquement un amalgame entre quelques professionnels « déviant » et l'ensemble d'une profession,

de s'expliquer sur l'arrêté qui supprime "l'obligation de publication des frais de gestion Pour les complémentaires".

de préciser le mode de financement des centres de santé mutualistes dont elle promeut le développement (qui couvrira les frais au-delà du remboursement par l'Assurance Maladie ?).

Le SNCUF demande aux PATIENTS :

de regarder objectivement l'engagement des médecins qui les soignent,

de ne pas oublier que tous les médecins prennent déjà en charge, au tarif opposable, tous les titulaires de la CMU, CMU-C, AME, soit plus de 7 millions de patients (et bientôt 5 millions d'ACS en sus),

de retenir que les honoraires des médecins se répartissent en 50% de charges (dont la rémunération de nos salariés qui de fait seront menacés de licenciement demain ! ) et 50% de revenu,

de ne pas oublier que ce sont l'Assurance Maladie et les complémentaires qui ont décidé unilatéralement de se désengager de la chirurgie, comme elles l'ont fait précédemment de l'optique et du dentaire (et qu'à ce titre les chirurgiens ne sont pas là pour pallier leur impéritie),

d'être critique vis-à-vis des tarifs de leur mutuelle et de choisir des contrats qui privilégient la qualité des soins,

de prendre du recul par rapport à la campagne actuelle qui accuse les médecins de trop de maux,

de prendre conscience que la liberté d'honoraires n'est pas un frein à l'accès aux soins (toutes les études démontrent l'inverse) mais une formidable possibilité de choix individuel.

Le SNCUF demande aux CHIRURGIENS-UROLOGUES :

de garder la confiance de leurs patients par la qualité de leurs soins et l'écoute qu'ils témoignent,

de pratiquer des honoraires qui valorisent honnêtement leur activité, dans le respect de la qualité et de la sécurité de leur travail et de celui de leurs collaborateurs,

de résister à la pression médiatique qui les dévalorise quotidiennement,

d'être mobilisés à partir du 12 novembre !

L'Avenant 8 signe la mort de l'exercice libéral et en particulier celui de la chirurgie.

Le SNCUF soutient l'UCDF-Le BLOC et appelle une mobilisation générale à partir du 12 novembre et reste à la disposition

des pouvoirs publics pour trouver enfin de vraies solutions.

Le Conseil d'administration du SNCUF est composé de Chirurgiens-Urologues, libéraux, hospitaliers

et hospitalo-universitaires : J.C. Alimi, J.P. Boiteux, T. Gerard, M. Geraud, D. Legeais, P. Metois, B.

Pogu, P. Rischmann, F. Richard, F. Saint, F. Vavdin et B. Vignes.

 

Contacts :

Dr Benoît VIGNES Président du SNCUF 06 08 60 92 44

Dr Frédéric VAVDIN Secrétaire Général 06 20 45 65 10

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